Femme Ingénieure

Rencontre avec Claire Cartier
ESME Sudria - Promo 2010
Chef de projet ingénierie fibre réseau Backbone - SFR

sandra-boujnah.jpgEn 2010, Claire Cartier n'a pas encore le permis mais sort diplômée de l'ESME Sudria après « un enseignement qui l'a révélée à elle-même ».

Rencontre avec cette ancienne élève devenue chef de projet ingénierie fibre réseau Backbone chez SFR.

Bonjour Claire ! Le but de cette interview est de montrer aux filles qui hésiteraient à devenir ingénieures ce qu'elles peuvent être amenées à faire. Pourquoi avez-vous choisi les télécoms ?

En choisissant les télécoms, je savais que le marché du travail dans ce domaine marchait bien et que j'aurais donc de grandes chances de trouver un emploi une fois mon diplôme en poche.
Ma spécialité à l'école concernait le traitement du signal de l'image et du son, ce qui débouchait sur pas mal de secteurs : les télécoms, le milieu artistique (musique, cinéma, télévision), la défense (missiles, criminologie, fraude bancaire)... Je l'avais choisie grâce aux projets de fin d'année : il s'agissait de projets liés à l'électronique et aux ondes (plus précisément au thermomètre numérique et au radar de recul pour voiture), et j'avais adoré l'idée de concrétiser la construction d'un objet utile dont je connaissais peu le fonctionnement.

Quels souvenirs gardez-vous de vos études ?

Mes années de classes préparatoires avaient été difficiles et intenses. Je n'étais pas consciente du travail demandé et je n'avais pas la maturité pour savoir travailler comme il fallait, je pense. L'ESME Sudria m'a permis d'aller au-delà de la théorie : nous avions beaucoup de travaux pratiques (à préparer et à terminer en cours). Cela m'a énormément appris.

Est-ce que vos amis qui ont fait les mêmes études travaillent dans d'autres domaines aujourd'hui ?

Oui, c'est vrai que la formation d'ingénieur mène à plein de choses ! Certains sont dans le domaine financier car ils ont fait un master après. D'autres, qui ont fait ma spécialité, ont des postes dans des secteurs différents : logistique pour emballage de cosmétique, bureau d'étude chez Thalès, VIE en Sierra Leone pour gérer et maintenir le trafic aéronautique, diplôme dans une école de design... et beaucoup sont allés dans le secteur du BTP.

En quoi consiste votre boulot aujourd'hui ?

Je suis chef de projet de l'ingénierie fibres optiques pour les besoins réseaux de SFR. Actuellement, par exemple, je travaille sur la 4G. Mon travail est très prenant, on doit être réactif face aux problèmes de terrain et il faut toujours trouver des solutions nouvelles car tout ne se passe pas comme prévu...
J'aime mon activité car je travaille avec de nombreux services internes mais aussi des entreprises extérieures qui déploient la fibre. La fibre est une formidable innovation mais elle est très fragile et il faut la manipuler avec soin. On a vite fait de la casser ou de créer des contraintes sur le signal qui y transite. Même si je suis dans un bureau, nous sommes confrontés aux limites du terrain et nous devons trouver des solutions ensemble.

Avec-vous une anecdote par rapport à votre travail ? Une galère particulière avec « happy end »?

J'en ai pas mal mais je ne peux pas forcément les raconter car j'ai une clause de confidentialité : nous hébergeons sur notre réseau des clients tels que Thalès, les ministères, la DGAC et d'autres opérateurs ! Nous sommes donc régulièrement au courant de problèmes atypiques que peuvent rencontrer les techniciens sur le terrain.
Par ailleurs, beaucoup de câbles sont vandalisés (surtout ceux le long des rails) car les voleurs pensent qu'il s'agit de cuivre qu'ils pourront revendre... Et une fois le câble éventré et la fibre coupée, celle-ci est laissée en l'état.

Est-ce que cela change vraiment quelque chose - en bien ou en mal - d'être une femme dans ce métier ?

Le milieu reste très masculin, avec pas mal de personnes venant du BTP, donc il n'est pas toujours évident de se faire une place en tant que femme mais il y a une très bonne ambiance et j'apprécie cette dynamique.
Être une femme a clairement de nombreux avantages : les gens viennent plus facilement vous voir et lors de situations tendues on prendra plus de pincettes pour essayer de trouver une solution. Vous serez peut-être moins respectée a priori lorsque vous parlez de technique mais vous ferez mieux avancer les situations lorsqu'elles sont bloquées ! Il y a également une plus grande complicité entre les femmes qui sont en minorité.

Est-ce que vous vous souvenez du plus beau jour de votre carrière professionnelle ?

Je n'en ai pas encore de « vraiment » mémorable, mais je dirais il y a quelques mois suite à ma nomination dans l'équipe d'astreinte curative (un poste très stratégique) et aux remerciements de mon manager pour mon travail. C'est plutôt banal !
En tant que coordinatrice des maintenances curatives sur la fibre, je vais donner mon expertise sur un problème concernant notre réseau, de jour comme de nuit et de manière régulière. Il faut garder la tête froide en cas de crise (le client est très important, ou coupé depuis longtemps, ou bien la coupure nous a fait perdre des antennes pour le mobile donc les clients ne captent plus dans la zone, etc) et trouver une solution. On peut m'appeler à n'importe quelle heure, c'est vrai, mais heureusement cela ne dure qu'une semaine par mois !

3 facts sur Claire Cartier :

  • Elle adore faire des puzzles de + de 2000 pièces.
  • Elle a fait 10 ans de danse classique et a bien failli en faire sa profession.
  • Elle prend le vélib' dès qu'elle se déplace.


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