Femme Ingénieure

Saison 2, épisode 3 - Les stéréotypes ? C'est so 2000s !

« Les filles sont superficielles, bavardes et manipulatrices et les garçons machos, irresponsables et égoïstes. » « Ce sont aussi les mères de familles face aux maris qui travaillent ; les jeunes filles qui font des études courtes et les garçons, une grande école d'ingénieurs. » On entend parler de parité et de préjugés, d'études statistiques et d'analyses, de campagnes de sensibilisation et d'actions juridiques. Mais où on est on vraiment avec les stéréotypes en école d'ingénieur(e)s ? 

« Un stéréotype est l'image préconçue d'un sujet dans un cadre de référence donné, telle qu'elle y est habituellement admise et véhiculée » (Wikipédia). Dans la vie de nos étudiantes ingénieures, des stéréotypes résistent et pas que sur le genre, pourtant elles ne se laissent ni impressionner, ni juger.

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  • Les filles en écoles d'ingénieures ? Pff, que des garçons manqués geeks !

« Il reste quelques stéréotypes récalcitrants, selon Anaïs (EPITA). Lors d'un salon de l'étudiant, on m'a par exemple demandé s'il était obligé d'être geek pour entrer en école d'ingénieur(e)s. D'autres pensent que les filles de l'EPITA sont toutes masculines et nerds ! » Jeanne (EPITA) a déjà entendu qu'une fille en école d'ingénieur(e)s, « n'est pas vraiment une fille ». Les amies de lycée de Fantine (ESME Sudria) lui ont demandé ce que cela faisait de n'être qu'avec des garçons dans son école : « Même si c'est vrai que nous ne sommes pas beaucoup, je crois que j'apprécie cette atmosphère plus masculine ! D'ailleurs, je me rends compte que j'ai moi-même certains préjugés quant aux 'filles entre elles', plus hypocrites et toujours à faire des histoires ! A l'inverse, on pense que les filles en ingénierie sont des intellos, qu'elles ne sont pas féminines, alors que pas du tout ! » Jeanne (IPSA) précise que le milieu aéronautique est assez féminin et que finalement, les idées préconçues restent alors que les mœurs ont vraiment évolué. « Je trouve aussi qu'il y a de moins en moins de préjugés, explique Camille (IPSA). Je n'en ai pas souffert à l'IPSA. Les mentalités évoluent. Et je pense que les garçons sont bien contents de voir des filles en écoles d'ingénieurs ! » « Je pense qu'on est tous le stéréotype de quelqu'un » résume Chloë (IPSA).

  • Je sais qui tu es car je sais d'où tu viens.

« J'en ai beaucoup entendu à propos de la filière STT dont je suis issue : nous serions moins compétents, moins sérieux ou moins travailleurs, confie Chloë (IPSA). Quand ce sont des inconnus, on passe à autre chose, mais quand cela vient de nos proches, on essaye de les mettre face à la réalité. » Pour Anais (EPITA), il est également important de lutter contre des préjugés nationaux : « Je suis d'origine asiatique et j'ai entendu plusieurs fois que ' les asiatiques étaient tous des génies en informatique', même si ça paraît positif, ça reste une généralité et je souhaite être jugée pour mes compétences avant tout. »

  • Il y a moins de stéréotypes chez les plus jeunes

« Si certains hommes d'autres générations peuvent parfois être misogynes, les garçons de l'école nous aident et nous respectent, tient à préciser Camille (IPSA). Lutter contre les stéréotypes est une motivation supplémentaire pour réussir en tant que femme ingénieure. Le meilleur moyen de prouver que ces préjugés sont faux et obsolètes, c'est par nos compétences et notre carrière.» D'après Melissa (IPSA) : « Les gens qui parlent de stéréotypes en écoles d'ingénieur(e)s n'ont, pour la plupart, pas mis les pieds dans une de ces écoles depuis longtemps ! Même s'il n'y a pas autant de filles que de garçons, on le vit très bien et nos compétences ne sont absolument pas remises en cause. Même dans le monde du travail, les choses évoluent vite et dans le bon sens : je suis en entreprise depuis trois ans et je n'ai pas vécu ce genre de choses. Au contraire, certains métiers deviennent plus accessibles aux femmes qu'aux hommes. »

  • Le monde de l'ingénierie a évolué, comme la société

Jeanne (EPITA) le confirme : « Les stéréotypes sont de moins en moins présents. Moi-même avant, je pensais que les gens de ces écoles ne sortaient pas pendant leurs études d'ingé et même si l'on a beaucoup de travail, on sait s'amuser quand il le faut ! De toute manière, il y aura toujours un stéréotype pour remplacer celui d'avant, c'est à nous d'être des battantes et de nous imposer ». « Les femmes travaillent et la question n'est plus de savoir si elles doivent ou non travailler mais à quel poste elles peuvent postuler » ajoute Vaité (IPSA). Pour Fantine (ESME Sudria), « aujourd'hui les femmes ingénieures sont certes toujours moins nombreuses que les hommes, mais  tout aussi ambitieuses ! Les salaires se rapprochent et être une femme s'avère parfois une véritable valeur ajoutée. Les entreprises le comprennent de mieux en mieux. Au sein de l'ESME Sudria, je n'ai rencontré aucun souci d'intégration ou de préjugés de la part de mes camarades. »

Les mentalités évoluent et l'égalité hommes-femmes est devenue une bataille évidente pour la plupart des gens. Si certains préjugés et mauvaises habitudes résistent, « On comprend dès la rentrée, que ces comportements n'existent pas vraiment en école d'ingénieurs, conclut Anais (EPITA). Les garçons sont accueillants et sympas. Même si certaines remarques peuvent être un peu graveleuses, ce n'est pas pire que ce qu'on retrouve dans la société. Elles sont surtout révélatrices d'un écart entre les générations ; certains parents nous jugent différemment de nos amis. L'important c'est que les filles ne s'empêchent pas de faire une école parce qu'elles entendent ce genres de préjugés. »

Retrouvez-nous la semaine prochaine pour l'épisode 4 : « Tous les chemins mènent en école d'ingénieurs ».


Retournez à la saison 2, épisode 1: Les filles de l'IPSA

Retournez à la saison 2, épisode 2: Les filles de l'EPITA et l'ESME Sudria

Découvrez l'épisode 4 : Tous les chemins mènent en école d'ingénieures



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