Femme Ingénieure

Rencontre avec Marine Haddad
ESME Sudria - Promo 2015
Ingénieure réseau

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Marine Haddad (ESME Sudria promo 2015) est ingénieure réseau junior chez Accenture UK, à Londres.

Qu'est-ce qu'une ingénieure réseau ?

Elle gère et déploie des infrastructures réseaux : si une entreprise souhaite déménager, grandir physiquement ou bien même augmenter la performance de son réseau, il va falloir agrandir ou modifier ce dernier, c'est à dire installer de nouveaux équipements, migrer des infrastructures, adapter tout ce qui est en lien avec les configurations réseau, etc. C'est un métier passionnant car il permet d'être toujours active. Je peux travailler deux semaines dans un bureau et les deux semaines suivantes dans un data center. Il y a beaucoup d'opportunités de voyages, rien n'est prémédité et je peux être amenée à me déplacer dans un autre pays/ville/site sans même que je le sache en me levant le matin ! Ce que je trouve également passionnant dans ce métier, c'est qu'il est très technique : manipuler de vrais appareils est, pour moi, la meilleure façon d'apprendre !

En quoi consiste votre journée type ?

Généralement, j'alterne sur plusieurs projets qui consistent soit à éditer des documents relatifs à un récent déploiement, soit à configurer des équipements réseaux en me connectant à distance. Je dois parfois me déplacer dans un centre de données pour une action qui peut durer deux heures ou la journée !

Vous travaillez aujourd'hui à Londres. Pourquoi avoir choisi l'International ?

Je n'avais pas d'expérience internationale et mon anglais était très mauvais. En 4e année, je savais qu'une fois que j'aurai commencé à travailler je n'aurai plus l'occasion de m'exporter, ou du moins pas aussi facilement. Aussi, je n'étais pas sure de mon choix de spécialité donc j'ai préféré partir à Londres en double-diplôme ou l'on me proposait une spécialité qui me convenait davantage.

Avez-vous toujours voulu être ingénieure ?

Jusqu'à mes 18 ans je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire. Mon père est ingénieur et il m'a toujours poussé à le devenir. Mais dans un premier temps, je n'étais pas convaincue. Je ne savais pas ce que je voulais être mais je savais ce que je ne voulais pas faire, c'est à dire tout ce qui impliquait le fait de devoir écrire des documents type dissertations, etc. J'adorais aider mes amies à installer leurs nouveaux appareils et régler leurs problèmes informatiques. Il m'a fallu quelques mois pour me rendre compte que devenir ingénieure était finalement la meilleure solution. Aujourd'hui, je suis sans regret !

Que retenez-vous de vos années à l'ESME Sudria ?

J'ai adore mes années a l'ESME Sudria car c'est une école où les professeurs et les élèves sont assez proches. Elle m'a donné une ouverture d'esprit que je n'avais pas forcement avant de l'intégrer et elle m'a surtout appris à vivre et à travailler en communauté. Il y a beaucoup d'entraide, que ce soit parmi les élèves, les professeurs ou même le personnel. J'ai adoré cette ambiance et je n'oublierai jamais mes premières années.

L'enseignement que vous y avez reçu vous aide-t-il au quotidien ?

Il m'a aidé pour la suite de mes études a King's College London qui m'ont aussi apporté beaucoup. Je dirais que ces deux écoles réunies m'ont apporté une vision plus transversale des choses.

Pensez-vous qu'être une femme dans un milieu d'homme est un atout ?

La plupart dirait que c'est un atout car on peut avoir tendance à être favorisée par rapport aux hommes mais personnellement je ne pense pas que ce le soit. Si je postule pour un emploi, j'aimerais être embauchée pour mes compétences et non pas pour remplir un quota !

Pourquoi les femmes ont tendance « à être favorisée » ?

Peu de femmes choisissent de suivre des études d'ingénieur. Avec tout ce qui est dit sur le fait d'être femme ingénieure, je pense que les entreprises s'en servent aussi pour leur image. Elles veulent montrer qu'elles sont contre les clichés.

Pourquoi, selon vous, davantage de femmes n'envisagent pas de devenir ingénieures ?

On dit toujours que ce métier est un métier d'hommes donc les femmes pensent que les hommes y sont meilleurs, ce qui est faux. C'est un cliché qui n'évolue pas car dans la vie de tous les jours ce sont plutôt les hommes qui s'occupent des problèmes électroménagers, informatiques etc. Mais cela n'aucun rapport avec les études !

Pourquoi, toujours selon vous, elles devraient au contraire se lancer dans l'ingénierie ?

Encore dans le cliché, on dit que les femmes sont plus organisées et minutieuses par exemple, ça fait déjà deux atouts pour suivre des études d'ingénieure ! Aussi, être ingénieure ne signifie pas forcément « coder » comme beaucoup le pense, c'est un métier qui veut tout et rien dire à la fois. Il y a énormément de voies d'expertise en ingénierie encore très peu connues mais qui plairaient énormément a certaines.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiantes en école d'ingénieur-e-s ?

S'intégrer, participer aux associations, participer activement à la vie étudiante de l'école. C'est un univers génial. Bien choisir ses groupes de projet et ne pas se laisser abattre à cause de quelconques réflexions ou rumeurs.

Et quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui sont encore indécises sur leur choix de carrière ?

Pour celles qui hésitent à se lancer dans l'ingénierie, je leur conseille d'abord de se renseigner directement en contactant des étudiantes en école d'ingénieurs, ce que j'ai moi-même fait avant d'intégrer l'ESME Sudria.



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